Les addictions au travail (alcool, cannabis, médicaments, écrans, jeux, mais aussi hyperconnexion ou “workaholisme”) ne sont pas un sujet “à part”. Elles s’inscrivent souvent dans un contexte bien réel : pression, fatigue, isolement, stress, manque de reconnaissance, horaires décalés… Et pour les RH, les managers, la QHSE ou la communication interne, c’est un enjeu délicat : il faut protéger sans stigmatiser, prévenir sans moraliser, agir sans se substituer au médical.
Addictions au travail : de quoi parle-t-on exactement ? (risques et définitions)
On parle d’addiction lorsqu’une consommation ou un comportement devient difficile à contrôler et entraîne des conséquences négatives (santé, sécurité, relationnel, performance). En entreprise, le sujet recouvre plusieurs réalités :
- Substances psychoactives : alcool, cannabis, cocaïne et autres stimulants, médicaments psychotropes (anxiolytiques, somnifères), mésusage de traitements.
- Addictions comportementales : jeux d’argent, écrans, pornographie…
- Hyperconnexion / surinvestissement : “toujours joignable”, incapacité à déconnecter, culpabilité au repos. On parle parfois d’addiction au travail, même si cela ne recouvre pas toujours un diagnostic médical.
Dans tous les cas, l’entreprise n’a pas à “diagnostiquer”. En revanche, elle a un rôle majeur : prévenir les risques, protéger la santé et la sécurité, organiser le travail pour limiter les facteurs aggravants, et orienter vers les bons relais quand une situation inquiète.
Pour s’appuyer sur des repères fiables et reconnus, il est possible de consulter les ressources de référence de l’INRS, qui propose des clés concrètes pour agir en prévention des addictions au travail.
👉 Pratiques addictives : repères pour agir en prévention (INRS).
Pourquoi les addictions sont un risque majeur pour la sécurité et la QVCT ?
Les conduites addictives ne se résument pas à une question individuelle. Elles ont des impacts directs sur :
- La sécurité : baisse de vigilance, temps de réaction allongé, prise de risque, accidents de trajet et de mission, erreurs de manipulation, non-respect des consignes.
- La santé : troubles du sommeil, anxiété, dépression, atteintes cardio-vasculaires, troubles cognitifs, fatigue chronique.
- La cohésion : tensions d’équipe, conflits, incompréhensions, perte de confiance, isolement.
- La performance : absentéisme, présentéisme, baisse de qualité, turn-over, désorganisation.
Pour beaucoup d’entreprises, le sujet devient visible lors d’un incident (accident, altercation, non-conformité, plainte). Or, la prévention est plus efficace lorsqu’elle est pensée en amont, intégrée à une démarche QVCT et sécurité globale.
Les signaux d’alerte : repérer sans juger
Un point essentiel : un signal n’est pas une preuve. Mais plusieurs signaux, répétés, doivent inviter à se questionner et à agir avec méthode.
Signaux possibles côté travail et sécurité
- Retards fréquents, absences injustifiées, difficultés à tenir les horaires.
- Baisse soudaine de qualité, erreurs inhabituelles, oublis.
- Accidents bénins répétés, quasi-accidents, non-respect des consignes.
- Changements d’humeur, irritabilité, repli, conflits.
- Isolement, évitement des moments collectifs, désengagement.
Signaux possibles côté organisation du travail (facteurs de risque)
- Charge de travail chronique, sous-effectif, objectifs flous ou irréalistes.
- Horaires atypiques, travail de nuit, forte pénibilité, déplacements fréquents.
- Culture de l’urgence permanente, injonction à “tenir”, manque de reconnaissance.
- Hyperconnexion et porosité vie pro / vie perso.
Dans une démarche responsable, on évite les raccourcis : l’objectif n’est pas d’étiqueter une personne, mais de sécuriser une situation, d’ouvrir le dialogue, et de mobiliser les ressources internes/externes adaptées.
Cadre légal et responsabilité de l’employeur : prévenir, protéger, orienter
La prévention des conduites addictives s’inscrit dans l’obligation de sécurité de l’employeur et la prévention des risques professionnels. Concrètement, cela implique notamment :
- Évaluer les risques et mettre en place des actions de prévention (document unique, plan d’actions).
- Définir des règles claires (règlement intérieur, consignes de sécurité, procédures en cas de suspicion d’ivresse ou d’altération).
- Former et outiller l’encadrement (posture, dialogue, gestion d’une situation à risque).
- Favoriser l’accès aux relais : médecine du travail, service de prévention, accompagnement social, dispositifs d’écoute.
Le bon équilibre : un cadre (pour protéger) + de l’humain (pour aider) + des actions concrètes (pour que ça tienne dans la durée).
Prévention des addictions au travail : 7 leviers concrets qui fonctionnent
1) Clarifier un message simple et non culpabilisant
Les campagnes qui marchent sont celles qui parlent vrai : “Notre priorité, c’est la sécurité et la santé de tous. Si vous vous sentez en difficulté, il existe des solutions.”
2) Agir sur l’organisation du travail (la prévention primaire)
C’est souvent le levier le plus puissant : charge, horaires, pauses, récupération, autonomie, qualité du management, lisibilité des priorités. Une prévention efficace ne se limite pas à dire “ne consommez pas”. Elle réduit les contextes qui poussent à compenser.
3) Former managers et RH à la bonne posture
Savoir repérer des signaux, mener un entretien factuel, protéger l’équipe sans humilier, et orienter vers les bons interlocuteurs : c’est une compétence. Elle s’apprend.
4) Déstigmatiser la santé mentale
Addictions et santé mentale sont souvent liées (stress, anxiété, épuisement). Une démarche utile consiste à renforcer la culture du “on peut en parler” via des actions dédiées. À ce titre, vous pouvez vous appuyer sur nos formats autour de la santé psychologique, par exemple Santé mentale : briser les tabous.
5) Créer des rituels de prévention vivants (plutôt que des affiches seules)
Les affiches sont utiles, mais insuffisantes. Les ateliers participatifs, mises en situation, quiz, défis collectifs et retours d’expérience créent une mémorisation bien supérieure. C’est exactement notre approche : on retient ce qu’on vit.
6) Relier prévention addictions et prévention des risques professionnels
Les conduites addictives sont un thème naturel pour une journée sécurité, un safety day, un accueil sécurité ou une semaine QVCT. Pour ancrer des réflexes, un format ludique peut aussi servir de “porte d’entrée” à d’autres sujets prévention, par exemple via un atelier comme Jeu risque rien ou Escape game premiers secours.
7) Proposer des alternatives : récupération, cohésion, déconnexion
Renforcer la cohésion et la qualité des relations au travail diminue l’isolement, un facteur aggravant fréquent. Un séminaire QVT ou une action ciblée pendant la Semaine de la QVCT 2026 peut être une excellente occasion d’aborder la prévention avec un cadre positif : énergie, ressources, entraide, équilibre.
Cas fréquents : alcool, cannabis, médicaments, hyperconnexion… que faire ?
Alcool au travail : l’angle sécurité avant tout
L’alcool reste un sujet sensible, parfois banalisé (pots, repas, événements). Une prévention efficace consiste à :
- clarifier les règles lors des moments festifs (options sans alcool, responsabilisation, retours sécurisés),
- former l’encadrement à agir en cas de doute (protection immédiate, retrait d’un poste à risque, procédure),
- mettre à disposition des solutions d’orientation, sans exposer la personne.
L’alcool reste un sujet sensible en entreprise, parfois banalisé lors des pots, repas ou événements professionnels.
Pour aller plus loin dans une prévention concrète et responsable, nous proposons soit un atelier de prévention alcool au volant, axé sur les risques, les comportements et les leviers d’action, soit une conférence témoignage avec une personne accidentée de la route, confrontée à un accident causé par un conducteur ivre.
Deux formats complémentaires pour provoquer une prise de conscience durable, sans culpabilisation.
👉 Découvrir l’atelier prévention alcool au volant
Cannabis et autres substances : éviter le “déni organisationnel”
Le sujet est parfois minimisé, surtout quand les consommations semblent “hors site”. Pourtant, le risque est bien présent si l’altération touche le temps de travail ou les trajets. Le bon réflexe : aborder le sujet par les conséquences (sécurité, vigilance, conduite, machines) plutôt que par la morale.
Médicaments psychotropes : un angle souvent oublié
Somnifères, anxiolytiques, antalgiques… Le risque principal en entreprise est l’altération de la vigilance, surtout sur des postes exposés (conduite, manutention, travail en hauteur). Une action de prévention peut aider les salariés à comprendre les effets possibles et à adopter les bons réflexes (lecture de notices, dialogue médecin/pharmacien, signalement encadré si nécessaire, adaptation du poste via les relais compétents).
Hyperconnexion : quand l’addiction ressemble à de l’engagement
Répondre à tout, tout le temps, peut être valorisé… jusqu’à épuiser. La prévention passe souvent par des règles de fonctionnement collectives : plages de déconnexion, charte mail, exemplarité managériale, charge réaliste, droit à l’erreur et à la récupération. C’est aussi un excellent thème à intégrer à une démarche QVCT plus large.
Comment aborder le sujet avec vos équipes (sans braquer) ?
La clé, c’est le cadre : un message clair, une approche respectueuse, et une animation qui rend le sujet accessible. Dans nos interventions, nous privilégions :
- le factuel (risques, situations, réflexes concrets),
- le participatif (quiz, cas pratiques, décisions en groupe),
- le non-jugement (on parle comportements et prévention, pas “bons” et “mauvais” salariés),
- la mise en action (que faire si… ? qui appeler ? comment réagir ?).
Résultat : on sort d’un discours “qui culpabilise” pour aller vers une culture de prévention qui protège réellement.
Nos formats Coach Me Happy pour prévenir les addictions au travail (QVT + sécurité)
Chaque entreprise a ses contraintes : multi-sites, horaires, équipes terrain, culture interne, budget. C’est pourquoi nous construisons des actions sur-mesure, avec des formats courts mais impactants :
- Ateliers de sensibilisation (45 min à 2h) : risques, idées reçues, signaux faibles, conduite à tenir.
- Animations safety day : intégration dans un parcours prévention plus large (risques routiers, TMS, vigilance…).
- Conférences interactives : pour embarquer de grands groupes avec une approche accessible.
- Parcours QVCT : déconnexion, sommeil, stress, énergie, cohésion, pour agir sur les causes.
Notre conviction : on retient ce qu’on vit. Alors on fait vivre une expérience, on met des mots dessus, et on laisse une trace utile : un réflexe, une décision, une ressource claire.
Mesurer l’impact : quels indicateurs suivre ?
Pour valoriser votre démarche auprès de la direction (et piloter dans la durée), vous pouvez suivre :
- taux de participation et satisfaction atelier,
- nombre de remontées terrain (signalements, demandes d’aide) dans un cadre sécurisé,
- accidents / presqu’accidents,
- absentéisme et présentéisme (tendances),
- résultats baromètre QVCT (charge, récupération, soutien managérial).
L’objectif n’est pas de “surveiller” mais de vérifier que l’environnement de travail devient plus protecteur et plus clair pour tous.
Chaque projet est différent. Prenez quelques instants pour nous partager le vôtre afin que nous puissions vous accompagner au mieux dans la prévention des addictions au travail.